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Comment affronter la désolation de la lutte dans la maladie

Wilson Johanne. (1994). Comment affronter la désolation de la lutte dans la maladie. Mémoire de maîtrise, Université du Québec à Chicoutimi.

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Résumé

Comment affronter la désolation de la lotte dans la maladie?

Ce mémoire nous fait entrer dans l'univers de l'affrontement contre la maladie incurable. Quel malade atteint d'une maladie incurable ne glisse pas dans la situation d'une lutte sans prix contre la mort? Une question qui représente la désolante réalité des malades qui témoignent de leur mort absurde avant la mort, leur résignation à mourir. C'est dans ce «monde» des personnes atteintes de maladie incurable, où les mots sont empreints d'émotions bouleversantes, que nous osons entrer. Ceci représente une tâche essentielle car le moment de la souffrance intime et ultime du malade renvoie à la question même de l'être. Notre défi est de nommer le plus adéquatement possible ce vécu concret où la désolation plane comme un vautour au-dessus de sa proie. Dans une première partie, des itinéraires de malades nous conduiront au coeur de cette problématique fondamentale.

Il nous importe alors de dénoncer les catégories de l'intelligence et de l'agir qui maintiennent la lutte désespérante contre la souffrance de la mort. Dénoncer cette lutte qui amène inévitablement le souffrant à se replier sur lui-même, à se résigner puisqu'il n'y peut rien: la mort ne se vainc pas. Se soumettre à la souffrance absurde de la maladie est bien la pire défaite de la vie. C'est l'action inerte de l'absorption, de l'ensevelissement de l'être essentiel dans le non-vouloir s'accomplir. Le sentiment d'impuissance bat les tambours de tous les replis de l'être comme un «je n'y peux rien, je n'en peux plus». Bien que le discours culturel de la lutte contre la maladie semble faire fleurir la vie, cette lutte démontre une dialectique fulgurante de mort car le devoir de vaincre la maladie, la mort, mène à la mort absurde: celle de la résignation à mourir. Elle occulte ainsi le processus de croissance de la personne qui se bat contre ce qu'elle est le plus naturellement, sa condition de finitude. Il y a dans la dialectique de la lutte une aliénation destructrice du pouvoir de guérison du malade. Ne reste-t-il qu'à affronter la résignation du désespoir: un souffrir-couché ?

S'impose ainsi à la méditation théologique et philosophique le problème de savoir comment transformer la lutte-résignation d'un souffrir-couché en assumation-résistance d'un souffrir-debout ? Ici la distinction entre la «finitude essentielle» et «l'aliénation existentielle» peut favoriser une réflexion qui aide le malade à exercer une résistance créatrice dans l'instant de sa désolation. Un des problèmes réels qui s'oppose au soir de la maladie incurable, c'est le mystère d'une intrication entre la condition souffrante la plus naturelle qui soit, la finitude, et le mal de l'aliénation qui l'entache. Grâce aux catégories de la finitude et l'aliénation, il est possible de mettre en valeur l'idée d'un passage du souffrir-couché à l'acte progressif d'un souffrir-debout. Ces termes clés dans la culture philosophique actuelle renvoient impérativement à la question du sens de la vie que se pose le malade. Ils doivent être pris sous notre responsabilité pour répondre au problème d'une résignation à la souffrance.

Un premier pas de croissance vers le souffrir-debout dans l'assumation de sa condition mortelle ne peut se concevoir que dans la foi en Dieu comme source de vie de la finitude essentielle. Il faut croire que, dans la foi en route, Dieu porte la fragilité de l'être, la vie créatrice en dépit de l'avoir-à-mourir. Il est possible d'assumer le silence de vie et de mort seulement si Dieu vient dans le corps de la finitude et le vivifie de sa puissance créatrice. En ce sens nous pouvons comprendre que l'angoisse de la finitude de l'être ne s'assume que dans le courage de la foi qui assume la mort.

Contrairement à l'impuissance de la lutte contre la souffrance, le Souffle de Dieu est une puissance d'assumation de la finitude humaine; il fonde le courage d'être porté par Dieu. Même quand le désespoir s'impose, il y a la possibilité de la foi. Cette foi courageuse qui assume la finitude de l'être, la mort, aide le malade à tendre vers un souffrir-debout. Ce souffrir-debout dans l'expérience de la maladie consiste dans la foi comme la quête d'un pouvoir d'assumer la condition mortelle.

À cette idée d'assumation se soude ainsi celle de résistance. Pour assumer sa condition mortelle il faut résister à tout ce qui empêche le soleil de briller, dire «non» à l'angoisse qui invite à la lutte désespérée contre la mort. Résister, c'est dire «non» à l'impuissance de l'échec, à la résignation. Ce «non» est la seule possibilité de sentir et d'accueillir Dieu comme créateur de la vie. Insister sur le «non» est le premier pas de la résistance à tout ce qui empêche le vrai, pour ne vivre que de cela.

Admettre la dialectique de la foi assumation-résistance suppose que le malade peut toujours oser vivre dans l'abandon à Dieu; c'est aussi qu'il peut résister à tout ce qui empêche Dieu de jaillir dans le silence de la fragilité humaine. C'est en acceptant de s'accomplir dans ses limites ouvertes à Dieu que la possibilité d'éclosion à la puissance du courage d'être s'annonce. Voilà l'essence à faire d'un souffrir-debout.

C'est dans la simplicité d'un récit autobiographique, qui nous introduit au passage du souffrir-couché dans la lutte-résignation au souffrir-debout dans l'assumation-résistance, que le souffrir-debout des malades apparaît comme une véritable dynamique de vie possible. La distinction entre la finitude et l'aliénation permet d'éclairer le passage du souffrir-couché au souffrir-debout. Elle illumine l'esprit et le coeur pour que cesse la domination de l'angoisse qui pousse à la plus folle des luttes: au désespoir dans la résignation.

Vécue dans l'assumation et la résistance, la maladie n'est pas un mal qui impose au malade de vivre en «paria». La femme hémorragique dans la bible nous montre que dans le désespoir une puissance de décision et d'action peut naître. L'option de la foi permet de résister au mal désespérant d'une lutte aliénante. Elle ouvre une nouvelle espérance: celle de la vie éternelle.

Type de document:Thèse ou mémoire de l'UQAC (Mémoire de maîtrise)
Date:1994
Lieu de publication:Chicoutimi
Programme d'étude:Maîtrise en théologie
Nombre de pages:116
ISBN:1412306361
Identifiant unique:10.1522/1514056
Sujets:Sciences sociales et humaines > Sciences humaines > Théologie - Sciences des religions
Sciences sociales et humaines > Sciences sociales > Psychologie
Département, module, service et unité de recherche:Départements et modules > Département des sciences humaines > Unité d'enseignement en études religieuses, en éthique et en philosophie
Directeur(s), Co-directeur(s) et responsable(s):Béland, Jean-Pierre
Mots-clés:Maladies incurables, Résignation--Mort, Souffrance--Aspect religieux, Incurable diseases, Suffering--Religious aspects, Resignation--Death, THESE, ACCEPTATION, ATTITUDE, CROISSANCE, FOI, INCURABLE, LUTTE, MALADIE, MORT, RESIGNATION, RESISTANCE, SOUFFRANCE
Déposé le:01 janv. 1994 12:34
Dernière modification:21 mai 2013 21:35
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