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Les aires protégées ivoiriennes à l’épreuve de l’acceptabilité sociale des pratiques de gestion durable : le cas de la forêt classée de Monogaga

Kouassi N'Dri Séverin. (2021). Les aires protégées ivoiriennes à l’épreuve de l’acceptabilité sociale des pratiques de gestion durable : le cas de la forêt classée de Monogaga. Thèse de doctorat, Université du Québec à Chicoutimi.

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Résumé

La gestion des aires protégées dans des zones agricoles habitées n’est pas une action aisée. Les pratiques de leur conservation conduisent souvent à des résistances sociales entre les services forestiers de l’État et les communautés vivant à l’intérieur ou à proximité de ces forêts. Le cas de la forêt de Monogaga, sur lequel a porté cette thèse, s’inscrit dans ce contexte. La création des séries de protection, des séries agricoles, ainsi que l’institution d’un comité de gestion partenariale reposent sur un objectif central, celui de s'inscrire dans les principes de la foresterie durable. En tant que choix d'objectif à réaliser, le concept de forêt durable, est apparu comme une avenue intéressante pour la sauvegarde des forêts publiques en Côte d’Ivoire. Ainsi, l’intérêt porté à l’analyse de l’acceptabilité sociale des pratiques de conservation et de gestion en cours dans la forêt de Monogaga, répond à un objectif principal, celui de comprendre la validité de ce nouveau mode de gestion des forêts protégées dans le cas d'une forêt habitée. Pour ce faire, la recherche s'est intéressée aux facteurs d'influence de l’acceptabilité sociale, notamment, l’adaptation des pratiques de conservation au contexte socioculturel des communautés, la connaissance et l’information de la politique forestière de l’État, les avantages économiques, l’implication des communautés dans le processus de prise de décision, la confiance aux autorités et les risques ressentis. La particularité d’être une forêt habitée a milité en faveur d’une étude de cas. Cette stratégie a permis de mener la recherche sous l’angle d’une méthode mixte, à travers laquelle les données qualitative et quantitative ont permis de produire des informations sur les modes de vie des communautés, de leur représentation de la forêt, du construit social autour de sa gestion par le système des valeurs sociales locales, ainsi que les caractéristiques des pratiques de la SODEFOR, et leur appréciation par les communautés. Les résultats de la recherche montrent que les autochtones, les allochtones et les étrangers (allogènes) ont des représentations sociales spécifiques de la forêt. La forêt n’est pas qu'une ressource d’usufruit, elle est une part de leur existence, c’est-à-dire de leur identité. Les pratiques mises en oeuvre par la SODEFOR pour assurer une conservation plus efficace de cette forêt, laissent observer que l’État a mis un accent particulier sur trois facteurs : la conservation de l’écosystème par la création de séries de protection, l’autorisation des activités agricoles sur dans les séries agricoles, et la collaboration avec les communautés par la Commission-Paysans-Forêts. Si l’analyse du contenu de ces facteurs montre que les pratiques de la SODEFOR valorisent les liens que les communautés ont avec la forêt de Monogaga, il demeure que plusieurs efforts restent à faire au niveau de la participation et la prise de décisions, de la confiance, et des avantages économiques.

The management of protected areas in populated agricultural areas is not easy. The practices of their conservation often lead to social resistance between the state forest services and the communities living in or near these forests. The case of the Monogaga forest, on which this thesis is based, fits into this context. The creation of protection series, agricultural series, as well as the establishment of a partnership management committee is based on a central objective, that of being part of the principles of sustainable forestry. As a goal choice to achieve, the concept of sustainable forest has emerged as an interesting avenue for the safeguarding of public forests in Côte d’Ivoire. Thus, the interest in analyzing the social acceptability of current conservation and management practices in the Monogaga forest, has one main objective, namely to understand the validity of this new mode of management of protected forests. In the case of an inhabited forest. To do this, the research focused on the factors influencing social acceptability, including the adaptation of conservation practices to the socio-cultural context of communities, the knowledge and information of the State's forest policy, economic benefits, community involvement in the decision-making process, trust in authorities and perceived risks. The peculiarity of being an inhabited forest militated in favor of a case study. This strategy made it possible to conduct the research from the angle of a mixed method, through which qualitative and quantitative data made it possible to produce information on the way of life of the communities, their representation of the forest, the social construct around its management by the system of local social values, as well as the characteristics of SODEFOR’s practices, and their appreciation by the communities. The results of the research show that indigenous, non-native and foreign people have specific social representations of the forest. The forest is not a resource of usufruct, it is a part of their existence that is to say of their identity. The practices implemented by SODEFOR to ensure a more efficient conservation of this forest, point out that the State has put a particular emphasis on three factors: the conservation of the ecosystem by the creation of series of protection, the authorization agricultural activities in agricultural series, and collaboration with communities by the Commission-peasants-forest. While the analysis of the content of these factors shows that SODEFOR's practices value the links that communities have with the Monogaga forest, the fact remains that many efforts remain to be made in terms of participation and decision-making, confidence, and economic benefits.

Type de document:Thèse ou mémoire de l'UQAC (Thèse de doctorat)
Date:2021
Lieu de publication:Chicoutimi
Programme d'étude:Doctorat en développement régional
Nombre de pages:375
ISBN:Non spécifié
Sujets:Sciences sociales et humaines > Sciences sociales > Sociologie
Sciences naturelles et génie > Sciences appliquées > Foresterie et sciences du bois
Département, module, service et unité de recherche:Départements et modules > Département des sciences humaines > Programmes d'études de cycles supérieurs en développement régional
Directeur(s), Co-directeur(s) et responsable(s):Simard, Martin
Mots-clés:acceptabilité sociale, aires protégées, forêt classée, forêt durable, gestion forestière durable, pratiques forestières, forêt, pratiques de gestion forestière, Monogaga, protected areas, forest, sustainable forest management, forest management practices, classified forest, gestion durable des forêts
Déposé le:07 déc. 2021 14:18
Dernière modification:07 déc. 2021 20:07
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