Ouellet-Fortin Maude et Morissette Olivier. (2026). Écologie du crapet-soleil et impacts d'une potentielle introduction dans le lac Saint-Jean. Chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploitées, Université du Québec à Chicoutimi.
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Résumé
Le crapet-soleil (Lepomis gibbosus) est un poisson nord-américain largement introduit en dehors de son aire de répartition naturelle, notamment en Europe et récemment dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Son succès d’invasion est attribuable à sa grande tolérance environnementale, sa plasticité alimentaire et morphologique, ainsi qu’à son efficacité reproductive. Espèce eurytherme et euryphage, il occupe une variété d’habitats, allant des zones littorales végétalisées aux secteurs pélagiques, et adapte ses comportements selon les conditions locales. Sa reproduction prolongée, ses multiples couvaisons et la protection des nids par les mâles contribuent à un fort recrutement, tandis que sa capacité d’hybridation avec d’autres Lepomis peut faciliter son établissement dans de nouveaux milieux. L’introduction du crapet-soleil est associée à divers impacts écologiques. Dans les communautés planctoniques, il entraîne souvent une diminution des cladocères de grande taille au profit de copépodes ou rotifères plus petits, modifiant ainsi la structure trophique et favorisant potentiellement l’eutrophisation. Dans les communautés de macroinvertébrés, sa prédation et la bioturbation liée à la construction des nids réduisent la densité et la diversité de nombreuses espèces benthiques, incluant escargots, insectes aquatiques et organismes endofauniques. Ces perturbations se répercutent sur le périphyton et la dynamique des nutriments. Chez les poissons, le crapet-soleil peut réduire l’abondance des espèces indigènes par la prédation sur les œufs et les jeunes stades, ainsi que par la compétition pour les ressources (générant une contraction des niches écologiques). Les effets varient toutefois selon la productivité des milieux et le chevauchement des niches. Dans un écosystème aussi vaste, interconnecté et écologiquement important que le lac Saint-Jean, l’introduction du crapet-soleil pourrait avoir des effets considérables, tant sur les espèces de proies (zooplancton, invertébrés, poissons fourrages) que sur les espèces recherchées pour la pêche. La forte connectivité du lac augmenterait également les risques de dispersion régionale. Étant donné la difficulté d’éradiquer l’espèce une fois établie, la prévention et la sensibilisation demeurent essentielles.
| Type de document: | Matériel non publié (rapport, etc.) |
|---|---|
| Date: | 2026 |
| Nombre de pages: | 22 |
| Organisation: | Chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploitées, Université du Québec à Chicoutimi |
| Unité(s) institutionnelle(s): | Unités de recherche ou de recherche-création > Chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploitées (CREAE) Unités de recherche ou de recherche-création > Centre de recherche sur la Boréalie (CREB) Départements et unités pédagogiques > Département des sciences fondamentales |
| Mots-clés: | crapet-soleil, écosystème, espèce envahissante, impact, introduction d’espèce, invasions biologiques, lac Saint-Jean, Lepomis gibbosus, poisson, réseau trophique |
| Déposé le: | 22 juin 2026 15:04 |
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| Dernière modification: | 22 juin 2026 15:04 |
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