Konaté, Mohamed Lamine. (2026). Étude de la représentation de la ville de Roberval dans Le procès d'Emily de Line Gaudreault suivie d'un récit de voyage de la Guinée-Conakry au Saguenay--Lac-Saint-Jean. Mémoire de maîtrise, Université du Québec à Chicoutimi.
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Résumé
Ce mémoire de recherche-création comporte deux grandes parties liées entre elles par des questions d’espace géographique, de culture et de valeurs : la partie recherche étudie la représentation de la ville de Roberval dans le roman intitulé Le procès d’Emily de Line Gaudreault. Inspiré d’un fait réel qui a eu lieu au début du XXe siècle, le roman raconte l’histoire d’une femme, Emily, accusée de meurtre par empoisonnement de son époux. Cette histoire de robe noire, d’amour, de poison et d’anneau dévoile le quotidien de la population robervalloise de l’époque, au relent conservateur. La dame Gallop est jugée non seulement par la justice, mais beaucoup plus par le regard de la société, les préjugés et les jugements moraux. Dans un récit qui bascule entre drame intérieur et social, modernité et tradition, le passé et le présent, Line Gaudreault met en scène à la fois un réquisitoire symbolique de la société contre la femme anglophone qui est vue et considérée comme étrangère aux codes sociaux établis. La culture, les valeurs, les traditions de la population locale sont mises en évidence comme un modèle de société profondément enracinée. La présomption d’innocence foulée au sol, l’accusée devient automatiquement la coupable désignée d’une communauté où la femme est constamment surveillée, jugée et évaluée pour ses choix ; où la religion catholique guide les croyances. À travers ce récit, la ville de Roberval est revisitée dans une dimension géocritique : le décor, les maisons, le palais de justice, l’église, l’hôpital, les hôtels deviennent des espaces clos où se joue le destin de l’héroïne, privilégiant les commérages au raisonnement objectif. Le lac, les rues, les routes, la forêt sont, quant à eux, des symboles spatiaux qui traduisent la soif de la liberté dans une ville fortement ancrée dans ses traditions qui se heurtent aux exigences de la modernité. Le procès de la femme Gallop a connu des péripéties, des rebondissements pendant plus de deux ans dans une effervescence sociale, allant du palais de justice de Roberval à celui de la ville de Québec, mettant en exergue l’intérêt de la population pour des sujets politico-judiciaires. Une première dans toute la région, le procès a été l’occasion de découvrir la richesse touristique de la ville de Roberval et l’attachement de la population au territoire. L’analyse ressort, en outre, la complicité que les personnages entretiennent avec les espaces, leurs milieux de vie, auxquels ils sont intimement soudés.
Quant à la partie création, elle est fondée sur un récit de voyage qui part de la Guinée-Conakry, un pays tropical situé en Afrique de l’Ouest, jusqu’au Saguenay Lac-Saint-Jean, dans la province de Québec. Il s’agit d’un narratif à la fois réel et imaginaire du territoire d’origine à la quête d’un lendemain meilleur dans un écosystème nouveau, un pays dont les réalités socioculturelles se heurtent avec celles du pays de départ. Ce récit retrace le parcours d’un jeune guinéen que je suis, qui décide, au prix de grands sacrifices, de tout quitter : famille, amis, boulot, pour poursuivre ses études au Québec. Animé par l’espoir de réussite et d’une vie meilleure, je suis d’abord confronté rapidement aux réalités sévères de l’exil, empreintes des difficultés d’emploi, du choc culturel et des problèmes d’intégration. Le plus dur, c’est la solitude et l’hiver qui me plongent dans une profonde apathie, loin de mes repères. À ceux-là, s’ajoute aussi la peur du devenir. Entre désillusion, amertume, désespoir et persévérance, je cherche à imprimer du sens à ma vie en étant résilient et déterminé. Dans une société caractérisée par la suspicion, l’individualisme et la libre pensée, je fais du mieux que je peux pour préserver mes valeurs endotiques. À travers mon histoire s’abrite celle d’une grande frange des étudiants africains noirs qui, comme moi, sont assoiffés du désir ardent de se réinventer dans un pays où tout est possible.
| Type de document: | Thèse ou mémoire de l'UQAC (Mémoire de maîtrise) |
|---|---|
| Date: | 2026 |
| Lieu de publication: | Chicoutimi |
| Programme d'étude: | 2036 - Maîtrise en lettres |
| Nombre de pages: | 120 |
| ISBN: | Non spécifié |
| Unité(s) institutionnelle(s): | Départements et unités pédagogiques > Département des arts, des lettres et du langage > Unité d'enseignement en études littéraires |
| Directeur(s), Co-directeur(s) et responsable(s): | Harvey, Cynthia |
| Mots-clés: | choc culturel, exil, Guinée-Conakry, identité culturelle, littérature québécoise, migration étudiante, représentation de l'espace, Roberval, valeurs socioculturelles, voyage |
| Déposé le: | 03 août 2026 17:25 |
|---|---|
| Dernière modification: | 03 août 2026 17:25 |
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