Perreault, Émilie. (2025). Effets aigus d'une séance combinant l'activité physique et l'engagement cognitif sur les fonctions exécutives des élèves de 2e cycle du primaire (8-12 ans). Essai doctoral, Université du Québec à Chicoutimi.
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Résumé
Contexte. Les fonctions exécutives (FEs) jouent un rôle important et actif dans l'ensemble de nos actions quotidiennes qui demandent un contrôle ou un apprentissage, en particulier lorsqu'elles sont nouvelles et non routinières (Chevalier, 2010). Elles permettent de réfléchir avant d'agir, de manipuler mentalement des idées et des informations diverses, de répondre adéquatement à des situations nouvelles ou inattendues, de résister aux tentations et de maintenir la concentration (Burgess & Simons, 2005; Espy, 2004; Miller & Cohen, 2001). Elles sous-tendent de nombreuses compétences émotionnelles (Riggs et al., 2006) et sociales (Hofmann et al., 2012) et jouent un rôle crucial dans la réussite scolaire (Borella et al., 2010; Duncan et al., 2007; Gathercole et al., 2004), professionnelle (Bailey, 2007) et dans l'harmonie maritale (Eakin et al., 2004). Parmi les principales composantes des FEs figurent la mémoire de travail, l'inhibition et la flexibilité cognitive (Miyake et al., 2000). L'importance de ces fonctions pour le développement humain fait l'objet d'une attention croissante. Elles sont particulièrement cruciales durant l'enfance, jouant un rôle important dans le développement des compétences cognitives et sociocognitives (Chevalier, 2010). En raison de la grande plasticité cérébrale des enfants en âge scolaire, les FEs sont particulièrement réceptives à l'entraînement et à la pratique (Diamond & Ling, 2016). Ainsi, la mise en place de programmes spécifiques au sein de l’environnement scolaire, un lieu idéal dans lequel les enfants passent en moyenne 25 heures par semaine, peut renforcer les FEs chez les enfants d'âge préscolaire et scolaire (Anderson, 2002; Hensch, 2005). Des études récentes suggèrent que l’activité physique (AP) peut améliorer les FEs, notamment lorsqu'elle est combinée à un engagement cognitif (Best & Miller, 2010; Crova et al., 2013; Egger et al., 2019; Mazzoli et al., 2021; van der Niet et al., 2016).
Objectif. La présente étude vise donc à documenter les effets immédiats d'une séance de 15 minutes du jeu d'apprentissage physiquement actif Cogni-Actif, qui combine l’AP et l'engagement cognitif, sur les trois composantes clés des FEs : l'inhibition, la flexibilité cognitive et la mémoire de travail.
Méthode. Un total de 95 élèves âgés de 8 à 12 ans issus de quatre classes du primaire a été réparti en deux groupes distincts, avec 50 élèves dans le groupe expérimental et 45 élèves dans le groupe contrôle. Les élèves du groupe contrôle ont participé à une intervention neutre impliquant l'écoute passive d'une vidéo standardisée de 15 minutes, tandis que les élèves du groupe expérimental ont pris part à une séance de 15 minutes combinant l'AP et l'engagement cognitif. Cette séance était tirée du jeu Cogni-Actif, élaboré par une équipe de recherche interdisciplinaire de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), dans le cadre d'une recherche-action en collaboration avec des enseignants et des conseillers pédagogiques (Simard et al., 2023). Les participants des deux groupes ont été soumis à des tests neurocognitifs avant et après l'intervention. Deux sous-tests du Delis-Kaplan Executive Function System (D-KEFS) (Delis et al., 2001) et un sous-test de l’Échelle d’intelligence de Wechsler pour enfants (WISC-V) (Wechsler, 2016) ont été employés pour mesurer les trois FEs (flexibilité cognitive, mémoire de travail et inhibition).
Résultats. Les résultats n'ont pas confirmé l'hypothèse selon laquelle une séance de 15 minutes du jeu d'apprentissage physiquement actif Cogni-Actif, combinant AP et engagement cognitif, pourrait avoir des effets bénéfiques sur les trois FEs de base. Bien que l'étude n'ait pas validé les hypothèses initiales, l'utilisation d’un jeu d’apprentissage physiquement actif tel que Cogni-Actif ne présente pas d'inconvénient pour le fonctionnement exécutif et pourrait être bénéfique dans le cadre scolaire pour promouvoir l’AP et la santé des enfants.
Conclusion. L'exploration des effets immédiats d'une séance de jeu d'apprentissage de 15 minutes, combinant des éléments physiques et cognitifs, sur l'amélioration des FEs nécessite une approche plus nuancée, incluant la réplication de l'étude avec un échantillon plus large et l'utilisation de méthodes de mesure plus sensibles et adaptées à l'évaluation de l'impact immédiat d'une intervention brève. De plus, il est crucial de prendre en compte l’intensité de la demande cognitive et physique du jeu afin de mieux comprendre ses effets spécifiques sur le développement des FEs chez l'enfant. Les recherches futures devraient se concentrer sur 'identification des niveaux optimaux en termes de type, d’intensité et de durée de l'AP et de l'engagement cognitif susceptibles de constituer une intervention efficace pour améliorer l'inhibition, la flexibilité cognitive et la mémoire de travail chez les enfants d'âge scolaire.
| Type de document: | Thèse ou mémoire de l'UQAC (Essai doctoral) |
|---|---|
| Date: | Juin 2025 |
| Lieu de publication: | Chicoutimi |
| Programme d'étude: | 1747 - Doctorat en psychologie (neuropsychologie) |
| Nombre de pages: | 161 |
| ISBN: | Non spécifié |
| Unité(s) institutionnelle(s): | Départements et unités pédagogiques > Département des sciences de la santé > Programmes d'études de cycles supérieurs en psychologie |
| Directeur(s), Co-directeur(s) et responsable(s): | Bouchard, Julie Simard, Laurie |
| Mots-clés: | activité physique, activité physique cognitive engageante, Cogni-Actif, enfance, flexibilité cognitive, fonctions exécutives, inhibition, mémoire de travail |
| Déposé le: | 11 sept. 2026 17:53 |
|---|---|
| Dernière modification: | 11 sept. 2026 17:53 |
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