Gariépy Geneviève. (2025). Faille, suivi de « L’interpellation comme pratique de care ». Mémoire de maîtrise, Université du Québec à Chicoutimi.
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Résumé
Ce mémoire est une étude du rapport à l’autre du sujet lyrique à travers l’usage des pronoms. L’usage du tu dans les œuvres à l’étude dans le volet « recherche » de ce mémoire – Lettre à Benjamin de Laurence Leduc-Primeau, et Traité de paix pour les femmes alien de Geneviève Morin, – est envisagé dans le cadre de cette recherche comme le signe du regard particulier sur les relations et l’identité adopté par les autrices. Historiquement, l’interpellation est un procédé narratif peu commun dans le roman et dans le récit, a fortiori l’introduction dans l’espace de la narration d’une deuxième personne définie. Les deux œuvres du corpus s’inscrivent dans une tendance observée dans la littérature francophone, notamment par Boisclair et Rosso (2018), depuis le début du siècle. La présente recherche démontre que les livres de Morin et Leduc-Primeau portent la marque d’une éthique du care. Cette posture éthique se manifeste en premier lieu par la présence particulièrement accusée d’un interlocuteur à même la structure narrative. L’introduction du tu fait contraste à l’absence de l’autre, à son silence. Dans le récit à la première personne, l’autre n’a en principe pas de voix ni de droit de parole ; pourtant, les narratrices aménagent leur parole de façon à mettre en scène son existence. L’interpellation leur permet d’inviter l’autre au sein du texte sans avoir à le réduire pour l’y faire entrer, et sans ventriloquer pour l’animer. Leduc-Primeau et Morin conçoivent ainsi une narration profondément en accord avec les principes du care. Leurs récits, enracinés dans le délitement de relations, posent une question centrale à l’éthique du care – comment prendre soin de toi et prendre soin de moi à la fois ? –, par leur structure même, parce qu’ils interpellent, ils problématisent directement dans la trame du texte la question de l’interdépendance : où est-ce que je commence, où est-ce que tu finis ? Ces mêmes questions sont à l’origine de la démarche déployée dans le volet « création » du mémoire, dans lequel une narratrice raconte l’histoire d’une relation marquée par la perte de soi. Par le biais de la narration au tu, elle fait le point sur les mécanismes qui l’ont menée à s’oublier dans l’autre et s’engage sur le chemin de la reconstruction.
| Type de document: | Thèse ou mémoire de l'UQAC (Mémoire de maîtrise) |
|---|---|
| Date: | Décembre 2025 |
| Lieu de publication: | Chicoutimi |
| Programme d'étude: | 3073 - Maitrise en lettres |
| Nombre de pages: | 136 |
| ISBN: | Non spécifié |
| Sujets: | Arts et lettres > Création littéraire et artistique > Littérature Arts et lettres > Étude des arts et des lettres > Études littéraires |
| Département, module, service et unité de recherche: | Départements et modules > Département des arts, des lettres et du langage |
| Directeur(s), Co-directeur(s) et responsable(s): | Parent, Anne-Martine Morency, Catherine |
| Mots-clés: | autofiction, deuxième personne, care, énonciation, féministe, interpellation, narration, recherche-création, rôles de genre, sollicitude |
| Déposé le: | 18 mars 2026 13:06 |
|---|---|
| Dernière modification: | 18 mars 2026 13:06 |
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